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 Pandore Til'Loam [Admin]

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Pandore Til'Loam
Admin
Marchombre & Métamorphe
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Messages : 36
Date d'inscription : 11/06/2013
Age : 27

Feuille de personnage
Origines: Alavirienne, Pandore est également métamorphe
Age: 29 ans
Métier: Elle soigne les félins du zoo de Marseille

MessageSujet: Pandore Til'Loam [Admin]   Lun 24 Juin - 14:52


IDENTITE


  • Nom Til'Loam
  • Prénom : Pandore
  • Race/ Origine/ Nationalité : Alavirienne, Pandore est née dans une puissante tribu du Désert des Murmures.    
  • Âge : 29 ans
  • Groupe : Alavirien



PLUS EN DETAIL


  • Surnom : Elle n'en a pas, pour l'instant.     
  • Animal de compagnie : Son ami Dessinateur, Liam, ça compte ? 
  • Particularité  Pandore a un immense tigre tatoué dans le dos. Elle ne se sépare également jamais d'une griffe de Brûleur qu'elle porte autour de son cou, en pendentif. Il s'agit de son totem. Elle peut se métamorphoser en un puissant tigre.
  • Situation familiale : Pandore est fille unique. Elle a grandi au beau milieu d'un monde d'homme. Son grand-père, Zawhar Til'Loam était le chef de la tribu où elle a vu le jour. Sage et avisé, elle le respecte énormément. Son fils, le père de Pandore donc, Zhiad Til'Loam était appelé lui succéder, mais il est mort dans de sombres circonstances peu avant sa naissance. De sa mère, elle ne connaît que le nom Emilie. Cette étrangère fut recueillie et vécu au sein du clan durant de longs mois avant de disparaître sans jamais donner aucun signe de vie, comme elle était arrivée.     
  • Métier : Travaille dans un zoo à Marseille. Pandore seconde le vétérinaire et s'occupe plus particulièrement des félins. Elle leur donne à manger, les soigne... 


♣ DESCRIPTIONS


  • Description physique :
  • Apparence physique - 7 lignes au minimum 

Pandore n’est pas vraiment du genre à passer inaperçue ! Ses grands yeux aux couleurs des sables de son enfance, tantôt orangés tantôt mordorés, semblent toujours profonds et électrisants. L’on a tellement l’impression de s’y noyer que s’en est à couper le souffle. Ses sont cheveux d’un blond si clair qu’ils donnent l’impression d’être aussi doux que la soie. Indomptables et indisciplinés, aux milles reflets dorés comme les sables du désert dont elle est reine, ils encadrent son visage aux traits  bien dessinés. Elle donne toujours l’impression d’être plongée dans ses réflexions – un monde à part en somme. Mais, il faut le savoir, son regard capture tout ce qu’il voit, jusqu’au plus petit détail. Jamais elle ne semble impressionnée et ses sourcils s’arquent toujours élégamment dans une sorte de surprise feinte. Lorsqu’elle sourit – souvent pour se moquer – elle rayonne littéralement de mille feux.

Sauvage, un imposant tigre à la robe rousse sublime et soyeuse fend la végétation. Ses babines retroussées dévoilent de larges et longs crocs acérés et terriblement mortels. L’animal avançait à pas lent et feutré. Tapi dans les hautes herbes, il se fondait presque dans le milieu avec ses belles rayures noires. Ses grosses pattes épousaient puissamment le sol meuble tandis qu’il faisait jouer ses griffes sur la terre. Son regard mordoré semblait fixer quelque chose. Mais quoi ? Ah oui ! Sa proie. Un ours. Non, pas le genre ours élastique car, au fond, il se souvenait encore des deux ou peut-être trois dérouillées qu’il avait essuyées lors de ses rares rencontres avec de cette espèce. Non, il s’agissait d’un ours tout à fait commun et d’une taille relativement modeste. D’habitude, il s’attaquait plutôt à des biches, des sangliers plus souvent encore à des siffleurs dont il appréciait la chair tendre et délicieusement saignante. Mais là, cela faisait plusieurs longs jours qu’il ne s’était nourri or cet ours lui fournirait assez de viande pour au moins les quatre prochains jours. Ses pupilles se rétractèrent un instant et lorsque la proie qu’il guettait depuis quelques minutes maintenant s’arrêta, il n’était plus qu’à quelques mètres de lui. Faim ! Il avait faim et un fabuleux garde-manger se dressait devant lui. Dans une détente formidable, le félin bondit, toutes griffes dehors. Force et puissance se mêlaient dans ses mouvements, chaque muscle était littéralement sollicité. Véritable machine à tuer, l’animal saisi l’ours à la gorge entre ses crocs. Le tigre ne lâcha rien lorsque sa proie se rua pour tenter de lui faire lâcher prise. Grognant sourdement, il maîtrisait largement la force de l’ours de sa mâchoire mortelle. Bientôt, il commençait à traîner sa proie agonisante. Bien à l’abri dans les fourrés, le festin pouvait commencer. 
Ses muscles se dessinent clairement sous sa peau, puissamment sculptés au terme de plusieurs années d’expériences et d’entraînements durs. Sévères. Ses mains si douces, expertes, ont dû largement profiter de ces conquêtes qui rythment le cours de sa triste vie. Elle les séduit. Elle les charme. Elle les aime. Elle les jette. Comme un jeu ! Ils se damneraient volontiers pour goûter encore à la chaleur de sa peau hâlée par le soleil cuisant du désert. Elle n’est pas particulièrement grande, du haut de ton petit mètre soixante. Pourtant, tout dans ses gestes et son comportement attire les regards, parfois malgré elle. Son parfum en a indéniablement rendu fou plus d’un. Son odeur. Ses formes. Son corps.  Elle, tout simplement. 

  • Vêtement et équipement - 3 lignes au minimum

Pandore déteste particulièrement les pantalons, aussi n’en met-elle jamais, même lors des longues journées d’hiver elle préfèrera toujours un short lui laissant une totale liberté de mouvement ainsi que d’épaisses et grandes bottes fourrées. En été, elle apprécie parfois le contact de légères robes de lin sur sa peau. Ses cheveux sont toujours parés de multiples perles comme toutes les femmes de sa tribu. La jeune femme ne porte pas de bijou, à l’exception de son pendentif et d’un bracelet de pied qui lui a été transmis comme le seul héritage de sa mère.   

  • Description mentale :
  • Caractère - 7 lignes au minimum 

En tant que petite fille du chef Zawhar Til’Loam, l’un des sept maîtres des sept grandes tribus du désert des Murmures, Pandore n’est franchement pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. D’un caractère affirmé dès son plus jeune âge, les choix et décisions importantes ne l’impressionnent pas le moins du monde. Dans sa culture, la tribu constituait un groupe très fermé qui ne tolérait que très peu les étrangers. Chacun trouvait une place spécifique : en effet, les femmes étaient l’incarnation de la vie. Leur rôle se limitait à enfanter et à s’occuper du foyer familier tandis que l’homme se faisait un devoir de protéger sa famille. Or, dès qu’elle fut en âge de parler et de faire ses premiers pas, Pandore échappait à la règle. Sa fougue, son indépendance et sa désinvolture claire et nette vis à vis des coutumes étaient souvent considérées d’un très mauvais œil par les anciens. Enfin, en même temps, il était souvent reproché à son père d’avoir préféré une étrangère à l’une des siennes. Selon Zhiad, Pandore, ressemble énormément à sa mère non seulement par son physique mais aussi par son caractère.

La solitude. Le tigre n’avait jamais spécialement recherché la compagnie des siens. En même temps, chaque fois qu’il croisait l’un de ses congénères, cela se terminait souvent par un combat acharné pour la survie. De fait, il ne comprendrait jamais réellement ces humains, et notamment la sienne, qui vivaient en communautés pour ensuite. D’ailleurs, il était souvent nerveux en présence de ses étranges primates et préférait de loin lorsque son humaine se trouvait loin d’eux.

La jeune femme est une incroyable curieuse. Elle ne tarit jamais de questions en tout genre et, par le passé, sa nourrice a eu toutes les peines du monde à refreiner ses interrogations de gamine. Parfois, c’en est même un peu gênant ! Dans ses yeux brille toujours une lueur étonnante et intarissable. Et jusqu’à présent, seules les menaces de Quyll parvinrent à moucher la répartie mordante de Pandore.

Imprévisible. Indéniablement, le tigre l’était. Il n’existait qu’une seule et unique règle avec lui : il faisait ce qu’il voulait, quand il voulait et menait toujours le jeu. Il était le maître. C’était bien pour cela que ses chasses étaient presque toujours couronnées de succès – même s’il devait bien reconnaître l’utilité de l’autre. Si un jour un malheureux avait le malheur de croiser son chemin, il n’aurait plus qu’à prier pour que l’animal décide de passer sa route sans s’intéresser à lui – il fallait alors qu’il soit trop chétif, pas assez intéressant pour retenir son attention plus d’une seconde, ou inoffensif.

Quoi qu’il en soit, s’il y a bien une chose que Pandore hérite de ses origines nomades, c’est son impulsivité. Déjà, elle dira toujours les choses sans détours et sans fioritures avec une franchise parfois un peu déroutante. Blessante aussi peut-être. Le tact n’étant pas vraiment naturel chez elle, un conseil, il ne faut pas lui chercher noises car elle a tendance à s’énerver très vite. En effet, ayant grandi dans une société relativement machiste, son seul moyen de s’imposer était indéniablement le recours, d’abord à la ruse, mais surtout à la force. De nature casse-cou, Pandore n’a donc pas froid aux yeux, même si elle n’est jamais la première à chercher la guerre. 

Sauvage. Même l’humaine n’est pas encore totalement parvenue à cohabiter parfaitement avec lui, malgré toutes ces années. Force de la nature, il est le roi des animaux. Le seul idiot qui, un jour, s’est risqué à lui chatouiller les moustaches s’est retrouvé éventré en un simple et puissant coup griffe. Eh puis quoi ! Ensuite il l’aurait pris pour un vulgaire chaton apprivoisé…

Pandore n’a pas vraiment d’attaches sentimentales et encore moins matérielles. Cela lui permet de voyager et découvrir au gré de ses envies. Elle va et vient sur les routes sans jamais se soucier du lendemain. Les hommes, elle les collectionne littéralement. Un regard aguicheur. Un verre. Et hop, le tour est joué ! Libre et indépendante, la jeune femme n’hésite absolument pas à se servir de ses atouts pour faire pencher toutes les situations en sa faveur.  

  • Préférences -3 lignes au minimum 

Pandore adore plus que tout les grands espaces, le grand air, qui lui donnent une incroyable impression de totale liberté ! Evidemment, c'est beaucoup mieux de profiter de la nature sous les rayons du soleil. Et qui dit soleil, dit chaleur ! Qui dit chaleur, dit glace ! Surtout pour la jeune femme qui est particulièrement friande de sorbet au cassis. 

♣ HISTOIRE

-   « Zawhar ?» 
Un homme venait de pénétrer dans la tente du chef Zawhar Til’Loam. Il le trouva à faire les cent pas au centre de la yourte, bras croisés sur sa poitrine. Visage fermé. A presque soixante-dix, le vieil homme n’avait rien perdu de sa vigueur d’antan. Son regard marron clair aux étranges lueurs orangées brilla soudain lorsqu’il releva la tête pour examiner l’homme qui venait de le déranger. Ses longs cheveux noirs, cascadant sur ses épaules, grisonnaient à peine.

 -   « C’est une fille… »

Le vieil homme jura et le guerrier ressortit immédiatement de la tente en frissonnant, laissant entrer son fils unique et seul héritier. Zhiad fixa sur lui son regard aux lueurs mordorées. Les deux hommes se toisèrent un long moment avant que Zawhar ne soupire. Et ne résigne. Sa lignée était entachée par la naissance d’une fille. Il allait falloir qu’il s’y fasse. 

Jamais plus le clan n’a revu cette étrangère depuis la naissance de Pandore. Même pas elle n’a laissé un mot pour que sa fille puisse un jour la retrouver, elle avait seulement laissé une chaîne en or qu’elle portait à la cheville. La femme s’est envolée sans jamais donner de nouvelles à la petite. Zawhar s’était donc résigné à prendre en main son éducation comme si elle avait été sa propre fille. Parce qu’après tout, elle était le seul souvenir que son fils ait laissé derrière lui. Mais il n’était pas moins strict et sévère, lui inculquant ainsi le respect de leurs traditions ancestrales. Elle était une fille et il fallait qu’elle sache où se trouve sa place, peut importait toute l’affection qu’il lui portait. En tant que petite fille du chef, elle se devait de montrer l’exemple.

Hélas, cette fois-là, elle avait encore failli et l’homme se frotta les tempes prenant un air sombre et fermé moins pour lui faire peur – avec son père, elle était bien la seule qui ne le craignait pas – que pour lui signifier à quel point il était déçu de son comportement inacceptable. Ses petites boucles blondes qui retombaient autour de son visage lui donnaient un air de poupée adorable. Et ses grands yeux oscillant entre l’orange et des couleurs plus mordorées paraissaient ne pas comprendre la situation. Zawhar ne devait pourtant pas céder !

-   « Tu me déçois, Pandore… » comble du miracle, sa voix ne trembla pas !
-   « Ce n’est pas moi qui ait commencé » s’emporta la fillette d’une demi-douzaine d’années.  
-   « Silence quand je parle ! » gronda Zawhar.

La fillette se figea devant un tel haussement de ton. Même si elle avait l’habitude de se faire réprimander, elle avait toujours l’impression d’une terrible injustice. Or, elle détestait l’injustice. Évidemment, Zawhar n’entendrait rien à sa vérité, peu importait qu’elle soit la fautive ou non ! Les yeux de Pandore s’embuèrent soudain et le cœur du vieux chef se serra. Mais il fallait qu’elle comprenne. Que les traditions étaient ce qui avait permis à la tribu prospérer à travers le désert depuis des dizaines d’années – son grand père avait été un puissant chef et encore avant lui son arrière arrière grand-père. C’est aussi grâce aux traditions que le nom des Til’Loam était désormais craint et respecté dans tout le désert des Murmures. Zawhar se para d’un masque de froideur car, autrement, il se savait tout à fait susceptible de craquer sous le regard implorant de la fillette.

-   « Tu recevras dix coups de fouet pour ton insolence »

Lorsque Pandore s’enfuit en pleurant, le vieil homme se laissa tomber sur un siège tout proche. Et il pleura lui aussi…

-   « Un tigre ? C’est une blague ? »
-   « Non Zawhar ! C’était apparemment un jeune, il s’est probablement perdu… »
 
Un tigre ne serait jamais descendu autant vers le sud. D’habitude, Zawhar savait que leurs territoires se cantonnaient à la jungle d’Hulm et à des contrées plus au nord. Mais un tigre enfoncé si loin dans le désert, comment cela était possible ? Heureusement, personne n’avait été blessé dans la panique. Mais l’animal pouvait très bien revenir. Et attaquer. Il fallait qu’il empêche à tout prix que cela arrive. Aussi ne fût-il pas long à rassembler ses hommes.
 
Les guerriers étaient visiblement ravis d’un peu d’exercice. En effet, les tribus rivales étaient bien calmes depuis quelques mois et du coup, l’ennui commençait à poindre quant ce tigre avait fait irruption dans le village pour disparaître ensuite sans que personne ne lui ait mis la main dessus. Comme Zawhar l’avait annoncé, la chasse au tigre était désormais lancée. Le chef était déterminé à mettre la main sur le fauve à exposer sa fourrure en trophée sur son trône. Or, ce qu’il ignorait, c’est qu’à quelques tentes de là, Pandore, la jeune fille aux cheveux blonds pleurait en silence, cachée dans un recoin sombre. Elle était nue comme un vers, le sable collait à ses doigts et ses cheveux étaient emmêlés, lui donnant ainsi l’air d’une sauvageonne.
∞ 
Comme l’avait prédit le vieux chef, le tigre avait tué. Un enfant. Une cible facile. Zawhar n’aimait pas du tout cela. Il était reparu, un an plus tard et avait emporté le jeune garçon. Les guerriers retrouvèrent sa dépouille dévorée par les vautours. Mais pour l’instant, il avait d’autres soucis en tête. Une autre tribu rivale lui déclarait à nouveau la guerre. Et Pandore grandissait, devenant une jeune adolescente incontrôlable. Il ne l’aurait jamais cru s’il ne l’avait vu de ses propres yeux mais jamais il n’avait vu une fille se faire respecter ainsi par de jeunes hommes. D’ailleurs, avec son air un peu sauvage, elle faisait désormais tourner pas mal de tête. Il avait longuement réfléchi et se demanda si finalement sa petite fille n’avait pas l’étoffe d’un chef.
 
Pandore gagnait en force et en souplesse à mesure que le tigre grandissait lui aussi. Mais elle devait faire plus attention, car elle n’avait pas réussi à l’empêcher de tuer. Et si cela continuait, le clan allait finir par découvrir sa véritable nature un jour ou l’autre. Elle savait qu’ils n’hésiteraient pas à la tuer pour ce que le tigre avait fait alors qu’elle avait assisté, impuissante, à la scène. Mais grâce à lui, elle gagnait chaque jour en confiance et en autorité. Une vraie meneuse ! Et même Zawhar ne lui reprochait plus son comportement.
 
L’enfant était si faible et l’humaine impuissante. Le tigre avait eu faim. Et il s’était nourri, malgré ces hommes qui le traquaient ! La fille n’avait pas voulu. Elle avait essayé de toutes ses maigres forces de l’empêcher de chasser. Mais il était aussi têtu qu’elle, si ce n’est plus. Sauf qu’elle venait de lui proposer un étrange marché. S’il tuait uniquement les bêtes d’une tribu rivale de celle à laquelle appartenait l’humaine, elle lui promettait de le laisser plus souvent se dégourdir les pattes. Prendre le contrôle quelques heures. Cela lui semblait intéressant. Il poussa un long soupir tandis que ses crocs se plantaient dans la chair tendre. Peut-être serait-ce le début d’une entente relativement cordiale ?


 -   « Zawhar veut-il que nous la retrouvions ? »
-   « Ce n’est pas la peine… »

 
Pandore était probablement déjà très loin à l’heure qu’il était. Zawhar avait pourtant du mal à ordonner ses pensées. Le tigre et sa petite fille ne faisait donc qu’un ! Comment diable cela se pouvait-il ? Le camp entier était en ébullition. Les guerriers prêts à partir sur son ordre. La veille au soir, dans l’attaque surprise du village par le clan rival, le tigre l’avait sauvé par il ne savait trop quel miracle. Grâce à lui, les guerriers avaient mis en déroute leurs ennemis. Mais leur rancune était tenace. Et que le corps du félin se brouille pour laisser place à celui d’une jeune femme, nue, cela ne changeait rien dans leur esprit. L’animal était le responsable de la mort d’un enfant. Il devait mourir. Sous le choc, Zawhar avait prétendu qu’il devait statuer sur son sort pour lui laisser le temps de rassembler quelques affaires et fuir. Loin. Loin de la colère des siens. Retrouver sa mère. Trouver sa voie, à elle. Elle était sa petite fille, son héritière légitime mais peu importait. Aux yeux du clan, elle devait mourir.
 
Il avait fallu plusieurs jours à la jeune femme, pour traverser le désert par le nord, en longeant la Voleuse. Elle était déterminée à mettre le plus de distance possible entre ceux qui voulaient sa mort et elle. Leur colère était compréhensible, mais elle venait de tout perdre et maintenant, elle errait un peu comme une âme en peine. Heureusement, le tigre se manifestait parfois, grognant tout au fond d’elle quand il sentait le danger ou ronronnant pour la rassurer.
 
Elle avait peur, mais ils étaient en vie. Tous les deux. C’était pour l’instant tout ce qui comptait et ce qui poussait le tigre à avancer. Loin. Toujours plus loin. Au bout d’une bonne quinzaine de jours, la chaleur et les sables du désert cédèrent la place aux chaines de montagnes et plateaux arides qui regorgeaient de troupeaux en tout genre. Le chasseur évitait soigneusement toute trace d’occupation humaine. Les plateaux étaient bien assez riches en nourritures pour qu’il ne s’en prenne à des proies plus dangereuses et surtout plus rancunières. Durant le trajet, la fille ne s’était que peu manifestée. Mais au fond, il la sentait réfléchir, bouillonner. S’agiter.
 
Pandore était désormais parvenue de l’autre côté de la grande chaîne de montagne. De village en village, elle gagnait sa croûte comme elle le pouvait. Elle servait parfois dans des auberges un peu douteuses. Mais était-ce sa démarche assurée ou ses grands yeux orangés, elle ne récoltait pas plus que quelques regards avides et pervers. De ce côté là, elle pouvait se vanter d’avoir la paix. Et heureusement, car elle n’était pas certaine de la réaction du tigre. Comme elle ne le maîtrisait pas toujours, la situation pourrait fort bien virer au carnage. Or, elle préférait quand même rester discrète. Jusqu’à ce que, à Al-Vor…


 
La fille se battait comme une tigresse. Littéralement. Ses coups avaient de quoi faire grimacer l’homme qui avait roulé au sol dans un réflexe formidable. Jurant intérieurement, elle se dit que Lhem l’avait roulé dans la farine. Les apparences étaient trompeuses et ses atours ne l’empêchaient pas de lui rendre ses coups avec force, puissance et précision.
 
Coup de griffe. La fille résista. L’homme recula. Le tigre mordit. L’humaine vacilla. Le tigre grogna. Il était là. Prêt à bondir. Mais l’humaine était têtue. Et cela finirait par leur coûter la vie. Le tigre lutta. Rugit de colère. Mais c’était fini. Son humaine avait abandonnée, plaquée au mur d’une poigne de fer. Le tigre se manifesta, une dernière fois. Sans succès.
 
 
-   « Qui t’envoie ? »

 
Pandore grinça des dents et tenta d’inspirer une grande goulée d’air. En vain. Le guerrier venait de resserrer dangereusement ses doigts autour de son cou. Il pouvait aisément la briser s’il le voulait. La jeune femme, du haut de ses dix-neuf ans, soutenait son regard d’un air mauvais. Et puis elle songea à Lhem. Qui lui avait menti sur le compte de sa nouvelle victime. Car désormais, les rôles étaient inversés. C’était elle qui se retrouvait dos au mur ce soir. Une vague de colère l’envahit brusquement.
 
-   « Lhem… Lhem Vorin »

 
L’homme plissa les yeux. Il semblait connaître ce nom. Relâchant la pression autour de la gorge de la jeune fille, le guerrier se gratta longuement le menton. Son regard noir restait désespérément insondable. Lorsqu’il revint se poser sur cette silhouette couronnée d’une chevelure d’or, un éclat passa dans ses yeux. Et un léger sourire arqua ses lèvres. Il avait déjà vu cet air frondeur quelque part. Et ces mèches blondes également.
 
-   « Tu ressembles à ta mère, gamine. Sauf les yeux peut-être… »
-   « Vous connaissez ma mère ? »
-   « Quelqu’un que j’admirais énormément, je ne l’ai pas revu depuis près de quinze ans ! »

 
Pandore était sidéré. Plus aucun mot ne pouvait sortir de sa bouche. Sa mère était donc encore en vie. Et elle l’avait abandonnée ! Son cœur se serra douloureusement. Zawhar lui avait pourtant dit qu’elle était morte à sa naissance. Quelle mère ferait donc une chose pareille ? La jeune femme avait les larmes aux yeux désormais et elle ne voyait plus le guerrier qu’à travers un épais brouillard. Elle avait envie de crier. De laisser libre cours à sa tristesse. Et le tigre gémit en elle.
 
-   « Peut-être suivra-tu ses pas sur le chemin de la Liberté, de l’Harmonie ?»

 
Les yeux de la jeune femme étaient désormais secs et elle dévisageait son interlocuteur d’un air ébahi. Elle ne comprenait cure à ce qu’il lui disait, mais elle réfléchissait à toute vitesse sans vraiment parvenir à mettre un peu d’ordre dans ses pensées. Qui était donc cet homme au regard sombre ? Il dégageait une étrange aura de force tranquille. Et elle avait terriblement envie d’accepter. De tout laisser tomber. Lhem ! Et les autres ! De repartir à zéro ! Encore une fois ! Pandore hocha la tête.
 
-   « D’accord ! »
-    « Bien ! J’ai un compte à régler avec un dénommé Lhem ! Tu pourrais me le ramener ? »



 
Pandore était désormais seule sur un toit, face au soleil couchant. Elle avait regardé disparaître son maître qui l’avait guidé pendant trois longues années. Et maintenant ? Maintenant, elle était Marchombre. Et elle était libre ! La jeune femme d’une vingtaine d’années n’en revenait toujours pas. Libre ! Oui, libre ! Elle était un peu désemparée devant le monde qui s’ouvrait à elle. Beau. Vaste. Riche. Elle était tigre. Elle était libre. Elle était Marchombre.
 
 
-   « Enfin, Pandore, soit raisonnable ! Le Septentrion des Géants ? Qu’est-ce que tu vas aller fiche là-bas ? Tu vas te faire découper en rondelles ! »

 
Pandore avait décidé d’entamer ce voyage sur un coup de tête. Un simple coup de tête, ainsi qu’une bonne dose de curiosité. Afin de vérifier si les légendes qui circulaient étaient réelles. Pour côtoyer la liberté totale et l’improbable. Oui, Liam avait raison : elle était folle ! Et têtue comme une mule. Il était parfaitement hors de question qu’elle parte toute seule, Marchombre ou pas ! Foi de Dessinateur !
 
-   « Je t’accompagne ! »

 
Pandore plissa les yeux durant de longues secondes se demandant si son ami blaguait ou non, avant de hocher simplement la tête. Et de répondre d’une remarque moqueuse.
 
-   « Monsieur, qui êtes vous et qu’avez vous fait de mon ami ? »
-   « Cesse de te moquer, veux-tu ! Quand comptes-tu te mettre en route ? »
-   « Demain, à la première heure »
-   « Eh bien dans ce cas, je ne vais pas traîner et de ce pas aller profiter de ma dernier nuit dans un lit douillet avant longtemps… »

 
Pandore éclata de rire. C’est que Liam était parfaitement sérieux. Et ce n’était pas pour déplaire à la jeune Marchombre. Son amie enseignait l’art du Dessin à Al-Jeit aux côtés notamment d’Ewilan Gil’Sayan. Il faisait sans conteste parti des plus puissants Dessinateurs de l’Empire, mais il semblait en douter. Très casanier, il n’aimait l’aventure et la vivait seulement à travers les récits de son amie. Pour la première fois de sa vie, il allait découvrir d’autres paysages que les murs de la capitale. 
 
 
Un engin à quatre roues lui fonçait dessus à une vitesse hallucinante tandis que Pandore se relevait. Bondissant, elle percuta son ami qui se demandait, tout comme elle, ce qui lui arrivait. Un puissant coup de klaxon retentit tandis que le crissement des pneus freinant sur la route goudronnée vrillait les tympans de la jeune Marchombre. La bête se coucha sur le sol, parcourant ainsi quelques mètres avant d’arrêter sa course. Saisissant son ami par le col, elle le plaqua contre un mur.

-   « On est où ? »
-   « Je n’en sais rien » hurla-t-il en tremblant, visiblement choqué de ce qu’il venait de ce passer.

 
Quelques minutes auparavant, ils se trouvaient devant un Ts’Liche qui avait littéralement disparu pour laisser place à la bête sur quatre roue – le camion. La forêt avait disparu, cédant à d’immenses tours. Si elles n’étaient pas aussi gracieuses que celles d’Al-Jeit, elle imposaient toutefois le respect. Un attroupement de gens commençait à s’agglutiner autour du monstre, formant progressivement un cercle autour des deux amis.
 
-   « Mais vous êtes complètement fous ou quoi vous deux ! »

 
Pandore se retourna lentement et fixa l’homme qui venait de l’aborder sans comprendre. Il était vêtu bizarrement d’un ensemble gris avec une chemise blanche et des chaussures cirées. Pour la première fois de sa vie, elle n’avait absolument rien à répliquer. L’homme était en colère et elle ne savait pas pourquoi…

 
Voilà bien deux ans que Pandore avait abandonné l’idée de rentrer chez elle. Retrouver Al-Jeit et ses tours. Se lancer dans l’ascension des Dentelles Vives. Voilà six ans qu’elle partageait désormais un petit appartement avec son ami en plein cœur de Marseille. Il avait largement eu le temps de comprendre qu’ils avaient complètement changé de monde. Et après quelques vaines tentatives de comprendre comment ils avaient pu arriver jusqu’ici (probablement un pas sur le côté un peu particulier), les deux s’étaient résigné et avaient même fini par prendre goût à leur nouvelle vie. La semaine, Pandore travaillait au zoo de la ville, bien qu’elle détestât l’idée de voir autant d’animaux enfermés dans des cages. Liam, lui, eh bien enseignait l’art plastique dans un lycée de la ville. Le week-end, souvent, ils partaient à l’aventure, ils visitaient ce monde qui avait tant à offrir.

 
Ce dimanche là, son humaine avait décidé de le passer dans les Alpes. Le chasseur aimait particulièrement chasser dans ces montagnes. La nourriture y était abondante et certains animaux ressemblent beaucoup, par certains côtés, aux Siffleurs. L’animal au pelage roux bailla, dévoilant ses impressionnantes canines. La carcasse du daim dont il venait de se repaître gisait à quelques mètres de là. Soupirant, le tigre s’étendit un peu plus sur le sol, s’apprêtant à profiter de quelques heures de sommeil à l’ombre d’un sapin. Les températures étaient chaudes mais agréables en ce début d’été. Les oreilles de l’animal se dressèrent tandis que lui parvenait l’odeur de quelques promeneurs non loin de là. Relevant la tête, il guettait l’horizon, prêt à partir tranquillement se chercher un autre coin d’ombre si cela s’avérait nécessaire. Le groupe de promeneur se rapprochait indéniablement. Il ne fallut pas longtemps avant que l’un d’eux ne l’aperçoive et s’enfuie en hurlant. Fixant le groupe, le tigre retroussa les babines et grogna sourdement, achevant de faire fuir le petit groupe d’humains, avant de se laisser retomber mollement sur le sol. Pour une fois que son humaine lui fichait un peu la paix, il comptait bien en profiter…
 

 
Le lundi suivant, un sourire étirait les lèvres de Pandore tandis qu’elle lisait la presse locale. Un tigre dans les Alpes ! On aura tout vu… 


♣ DERRIERE L'ECRAN


  • Prénom / Pseudo : Colombine
  • Âge : 22 ans
  • Comment avez vous connu le forum Lew c'est le premier super admin, et l'autre c'est moi Razz
  • Votre présence Au moins 1h par jour, sauf exception
  • Une remarque Cool

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Pandore Til'Loam [Admin]

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