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 Sang et Cendres [LIBRE perle ou cendre]

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Liberté Sanfamï
Marchombre
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Date d'inscription : 19/06/2013
Localisation : Une ville Cendre

Feuille de personnage
Origines: Gwendalavir; Bâtisseuse qui s'ignore
Age: 26 ans
Métier: Maitre marchombre sans apprenti (actuellement dans une ville Cendre à attendre les futurs Jurilians ;) )

MessageSujet: Sang et Cendres [LIBRE perle ou cendre]   Lun 5 Aoû - 15:40

[j'ai arrangé la fin de ce post pour que quelque soit la personne qui répond, elle puisse le faire sans trop de soucis]


Liberté erra longtemps dans cette ville, s’immergeant dans un monde nouveau qu’elle visita sous toutes ses coutures. La saleté et la puanteur des ruelles la convainquirent d’escalader une demeure à la façade d’une couleur incertaine pour la contempler de haut. Ce qu’elle y vit la laissa perplexe. La cité où elle se trouvait était clairement divisée en deux parties : une ville basse qui dégageait une incroyable odeur de misère et de désespoir et une ville haute dont l’architecture aérienne rivaliserait avec Al Jeit. Elle avait l’habitude des différences de richesse entre la capitale et les autres cités de Gwendalavir, mais au sein même d’une ville, une telle différence la laissait abasourdie.
Confuse, elle redescendit de son perchoir dans une rue plus large que les autres où des étals en piteux état annonçaient un marché pauvre et peu prospère. Les légumes misérablement petits et les fruits aux couleurs douteuses côtoyaient les foulards miteux et les draps usés jusqu’à la corne. Son impression se confirma quand, du coin de l’œil, elle surprit un mouvement vers son sac et corrigea l’imprudent d’une tape sèche. Il ouvrit de grands yeux plein de larmes vers elle mais elle ne se laissa pas manipulée et lui adressa un regard ombrageux. Le mioche ne devait pas avoir plus de dix ans et il n’était sans doute pas seul : si elle se laissa attendrir, elle ne passerait pas une journée vivante ici.
Immobile au milieu de la route, elle attirait le regard, aussi s’engagea-t-elle dans une ruelle dont afin de remonter sur les toits et de reprendre sa progression avec l’assurance de conserver ses affaires. D’une démarche souple et fluide, elle suivit la route en jetant de fréquents coup d’œil à se qui se passait en bas. S’imprégnant de l’atmosphère douloureuse de la ville basse, elle s’agitait, mal à l’aise, tentant de retenir quelques instants les brides brumeuses de souvenirs lointains qui hurlaient en son cœur. Telle une chape de plomb, l’aura sinistre de ce taudis s’abattit sur elle et fit taire sa curiosité et sa joie habituelle, la plongeant dans un état de détresse qui l’alarma. Elle se secoua et, courant désormais, escalada une tour vertigineuse pour se retrouver seule sous l’œil impassible du soleil et entamer avec une frénésie de bête aux abois les exercices de respiration que son maitre lui avait montré il y avait une éternité de cela. Il lui fut étrange de s’abriter dans ses anciennes habitudes, preuve que cette ville l’avait bouleversée au plus profond d’elle-même. Elle s’abandonna à la gestuelle, laissant ses souvenirs s’imposer selon leurs envies plutôt que de leur courir après. Ouverte aux vents et à ses tourments intérieurs, elle finit par discerner des images fugitives mais empreintes de colère et de terreur. De longs couloirs de pierre calcaire, d’imposantes silhouettes au regard mauvais, la douleur d’un coup reçu par derrière, les larmes qu’elle ne retient qu’à grand peine… Toutes ses émotions jaillirent comme un torrent sauvage et furieux pour aller se déverser dans le vent frais qui les recueillit avec compassion pour les emporter au loin et ne lui rapporter que les réponses fermes qu’elle recherche.
Ombre. L’Ombre de sa mère, l’Ombre de l’Homme asservi, l’Ombre qui emprisonnait ses joies et la tourmentait sans arrêt. Des Ombres. Cette ville n’est peuplée que d’Ombres.
Prise de vertiges, elle quitta en douceur les lents mouvements de la gestuelle pour scruter la ville en contrebas d’un œil neuf. Un œil où les larmes se mêlaientt à la colère.
Comme autrefois.
Non, pensa-t-elle avec un sourire dur qu’elle n’avait plus arboré depuis longtemps. Pas comme autrefois.
Autrefois, elle était petite, elle était fragile, elle ne savait pas mais détestait quand même.
Beaucoup d’eau est passé sous les ponts depuis, elle a vécu et apprit, elle est plus libre désormais que jamais auparavant : elle est marchombre.
Ses mains jouèrent sur la garde de son poignard tandis que des mots lui sont rapportés par le vent. Si surprise par leur présence qu’elle manque de ne pas les entendre, elle stoppe les mots qui menacent de se déverser sans autorisation sur la ville à ses pieds et retrouve son équilibre intérieur en un sourire simple mais empli de joie. Quel que soit le Monde, le Vent est toujours le Vent.


« La liberté n’induit pas l’égoïsme et il n’y a pas d’homme plus libre que celui qui fait ce qu’il croit être juste. »

Des mots infiniment libres, infiniment purs, infiniment marchombres, qui résonnent toujours dans l’air malgré le temps qui passe. Ses mains courent sur les manches de ses poignards et son sourire se pare d’une expression carnassière. Une part d’elle-même prend peur devant l’intensité de sa colère mais elle la chasse d’une main négligente. Elle revient, plus forte, alors qu’elle s’élance dans le vide pour crocheter une fenêtre, plus trou calfeutré que véritable ouverture propre et soignée et elle faillit la manquer. Elle se plaque contre le mur et, pour la deuxième fois en moindre de dix minutes, elle doit faire appel à son entrainement pour ne pas se laisser aveugler. Depuis quand l’harmonie dans laquelle elle baignait hier encore est-elle si fragile, si distante dès que l’inconnu se dresse et qu’il faut réagir ? Est-elle donc marchombre ou n’est-ce qu’une illusion ? La Voie s’écoule-t-elle encore en elle ou l’a-t-elle perdue dans un de ses paisibles voyages où seul comptait la paix et la solitude ?
Assaillie de doutes, elle reste de longues minutes à serrer la paroi dans ses bras, mal à l’aise, puis décide de rejoindre les rues qu’elle vient de quitter. Quelle que soit la réponse, elle ne la trouvera pas en restant immobile, aussi bien dans son corps que dans son esprit. Elle doit bouger, faire un pas dans une direction puis voir si elle concorde toujours avec elle-même.
Tel un ange gardien, elle volète au-dessus de l’océan de misère, s’attardant là où de minuscules pierres provoquent de larges remous pour tenter de comprendre ce nouveau monde dans lequel elle évolue.
Soudain, alors qu’elle suivait un voleur à la tire pour tenter de trouver son repaire, un cri de surprise mêlé de souffrance retentit à quelques rues de là et elle abandonna la traque sans regret pour se précipiter vers l’origine du bruit, la main déjà à quelques centimètres de son arme. Au centre d’une rue à peine plus large que les autres et menant visiblement à un place animée, une jeune femme à terre porte une main tremblante à sa pommette endolorie et sa lèvre fendue et porte un regard où se mêle fureur et peur à un jeune homme à peine plus vieux qu’elle qui la regarde les poings serrés, une expression haineuse sur le visage.


« Je ne t’ai pas autorisé à me parler, Cendre, cracha-t-il. »

Un coup d’œil à sa tenue de cuir et d’étoffes lui permit de conclure qu’il venait de la cité haute et le mépris dans son ton acheva de la convaincre. D’un bond souple et de quelques pas, elle se fraya un chemin dans la foule pour se placer entre l’adolescent hautain et la jeune femme blessée et, sans faire mine de l’attaquer, elle s’’érige simplement devant lui, les poings sur les hanches, et déclara d’un ton froid :

« Et toi, qui t’as permis de la frapper ? »

Autour d’elle, tout le monde retenait son souffle et un bruissement d’étoffe l’avertit qu’un des confrères de ce détestable individu approchait dans son dos. Faisant mine de ne pas le remarquer, elle planta son regard d’un bleu si particulier dans celui, interdit mais plein de colère, du jeune homme.
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